Tourisme des éléphants en Thaïlande, tout savoir sur l'exploitation et comment ne pas y prendre part

Lorsque l’on visite un nouveau pays, il est normal de vouloir prendre part aux activités locales. Essayer de nouveaux plats, découvrir des lieux typiques, s’essayer aux différentes attractions touristiques, etc. En Thaïlande, l’une des plus populaires concerne l’un des animaux les plus sacrés de la culture bouddhiste : les éléphants. Aussi, plusieurs sites proposent de passer une journée en compagnie de ces majestueuses espèces, se balader sur leur dos, et même les voir faire des tours.

Malheureusement, ces activités engendrent beaucoup de maltraitance animale. Prendre part à ce type de tourisme encourage donc malheureusement une cause très peu éthique. Toutefois, il existe plusieurs manières de découvrir ces mammifères fascinants sans pour autant contribuer à leur exploitation. Retour sur des expériences aussi enrichissantes que responsables !

La maltraitance des éléphants en Thaïlande

Au pays du bouddhisme, l’éléphant est un véritable symbole de la culture thaï depuis le XIVe siècle. Dans le royaume de Siam, ce mammifère était en effet emblématique de la prospérité et de la richesse. De nombreuses légendes thaïes le mettent d’ailleurs en scène, comme celui de la construction du temple de Doi Suthep, à Chiang Mai.

Depuis, cet animal majestueux a été largement exploité par les populations locales. Or, en 1989, un décret a obligé les propriétaires d’éléphants à arrêter leurs activités. Autrefois utiles pour la déforestation et la construction, les pachydermes ont dû subir une reconversion « professionnelle », si on ose dire.

Le tourisme émergeant dans le pays a été en quelque sorte leur salut… ou plutôt celui de leurs propriétaires peu scrupuleux.

Durant les balades touristiques, par exemple, les animaux doivent porter de très lourdes charges pouvant aisément dépasser les 300 kg. Pourtant, leur dos est l’une des parties les plus fragiles de leur corps.

On estime qu’un éléphant adulte ne peut supporter qu’un poids de 150 kg maximum sur son dos. Inutile de dire que les balades sont très peu recommandées pour ces pachydermes. De plus, les promenades durent généralement de longues heures, durant lesquelles l’animal ne peut ni boire ni manger.

Cependant, un éléphant adulte doit boire près de 200 L d’eau et manger à peu près l’équivalent de nourriture pour être en forme. Avec plusieurs balades par jour, il n’a évidemment pas le temps de se sustenter ni de se reposer.

Évidemment, cette exploitation ne tient pas compte des multiples coups que subit l’animal pour ne jamais oublier d’obéir à son propriétaire. Participer à de telles balades est donc loin d’être une bonne idée si vous appréciez ces majestueux animaux. Ils ne font, en fait, qu’encourager ce terrible cycle de maltraitance.

Des sanctuaires dédiés aux éléphants à Chiang Mai

Heureusement, ce tourisme alimenté par l’exploitation d’éléphants a permis de tirer la sonnette d’alarme pour de nombreuses associations. Des organisations dédiées à la défense des animaux parviennent peu à peu à faire progresser les choses.

La première étape, pour eux, est la prise de conscience du problème par les touristes qui visitent le pays. La deuxième a été d’encourager la création de sanctuaires où les pachydermes peuvent être observés… mais certainement pas torturés.

À Chiang Mai, notre ville « adoptive », il existe plusieurs sites que vous pouvez visiter pour découvrir ces fabuleux mammifères. Toutefois, vous ne pourrez certainement pas vous balader sur leur dos et encore moins les voir faire des tours. Ces lieux sont dédiés à la protection des éléphants, et à leur préservation.

Aussi, si vous explorez notre belle métropole du nord de la Thaïlande, vous pourrez visiter le célèbre Elephant Nature Park. Créé par le conservateur Lek Chalet, ce parc sauve les animaux issus de l’exploitation et leur offre un havre de paix pour leur « retraite » du monde touristique. De la même manière, le Burm and Emily’s Elephant Sanctuary est un site dédié aux pachydermes qui ont été sauvés de la maltraitance.

Toutefois, si vous recherchez un lieu un peu plus sauvage, vous pourriez découvrir le Mahouts Elephant Foundation. Cette organisation propose des excursions en camping pour observer les éléphants rescapés du tourisme, dans leur habitat naturel.

Enfin, la Elephant Valley, le Maerim Elephant Sanctuary et le Elephant Hills sont des sites qui vous veillent au bien-être des pachydermes en suivant des règles très strictes pour leur préservation.

Comment s’assurer de ne pas participer à l’exploitation des éléphants ?

Si vous visitez la Thaïlande, vous pourriez désirer en apprendre plus sur les pachydermes sans pour autant contribuer à leur maltraitance. Pour cela, nous avons des conseils très simples quant à votre choix du site que vous allez visiter.

Tout d’abord, il est recommandé de se renseigner sur le parc d’éléphant que vous souhaitez découvrir. Vous pourriez voir, par exemple, s’il figure sur la liste des sanctuaires recommandés par le site Responsible Travel, qui est spécialisé dans l’écotourisme.

Ensuite, il faut que vous vous interrogiez sur le profit du parc. Si le site compte plus de bénévoles que de travailleurs, il y a de grandes chances que l’argent des voyageurs profite à la préservation des éléphants. Évidemment, s’il est bon de contribuer au développement local à travers le salaire des employés, il n’est pas très positif d’encourager la maltraitance animale.

Il s’agit donc de trouver le sanctuaire qui offre un équilibre assez éthique entre ces deux aspects. Enfin, il faut évidemment que vous vous informiez sur la provenance des pachydermes. C’est un des seuls moyens pour vous assurer qu’il ne s’agit pas d’un animal que l’on a retiré à sa mère dès le plus jeune âge !